Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 13:43
La situation grecque est, de l'aveu de notre ministre des affaires étrangères, préoccupante.
L'échec aux élections des partis démocratiques du centre remplacé par des parti "extremes" montre que la solution politique d'austérité, pratiquée sur plusieurs années consécutives n'est pas tenable.
Du coup les solutions imposées par la commission, le FMI et l'Allemagne ne le sont pas non plus. Pour mémoire cette solution consisterait en une réduction marquée de la dette publique en échange de programme d'austérité. Cette solution qui s'est traduite par une crise économique et sociale sans aucun précédent n'est plus acceptée par la population qui s'est tournée vers des partis plus extrémistes. Ceci est dans la logique des choses car dans des situations sociales tendues les populations tendent à voter pour des partis extrêmes.
La crise financière et économique vient donc s'ajouter une crise de nature politique ce qui n'a rien de surprenant. Nous nous trouvons maintenant en présence d'une situation inédite en Europe qui n'est pas sans rappeler que certains pays latinos américain lors de la crise des années 90's.
Que va-t-il se passer maintenant ?
Il est probable que la Grèce ne puisse se plier au programme d'austérité imposée par ses partenaires financiers avec comme conséquence l'arrêt des aides. La Grèce sera alors dans une situation nouvelle où elle ne remboursera plus sa dette et ne recevra plus d'aide de l'extérieur.
Du point de vue budgétaire cette situation est bien sur catastrophique :
- la Grèce ne pourra plus à emprunter sur les marchés obligataires.
- la Grèce ne sera pas en mesure de payer ses fonctionnaires, son armée, son service de santé son enseignement.
- dans ces conditions, une sortie de l'euro apparaît plus que probable.

La question est de savoir si les Européens peuvent se payer le luxe d'une sortie de la grece de la zone euro. Je ne pense pas. En tout premier lieu l'impact sur l'euro déjà mis à mal sera important et risque de se transmettre par effet domino aux autres pays européens en difficulté, Italie, l'Espagne ou irlande.
Politiquement cela se situe à un moment particulier : l'Allemagne voit ses exportations se reduire, la hollande entre en crise également. Parlant de Hollande justement, notre nouveau président de la république fera entendre une voix différente de celle du président sortant.

Toutes les conditions sont donc réunies pour la mise en place d'un programme d'assouplissement quantitatif auquel les Européens devront bien se résoudre. Gageons que la Grèce ne sortira pas de la zone euro et continuera de toucher quand même son aide internationale... Pour la population grecque, ceci n'est pas forcément une bonne nouvelle. En effet, sortie de l'euro ou pas les programmes d'austérité continueront à se succéder et à se ressembler.
Par giovani rana - Publié dans : économie
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 07:53

Cette fois-ci, ralentissement économique européen oblige ce sont les candidats "solides" de l'UE qui sont mis en difficulté. Le scénario intéressant car comme en Espagne et aux USA on assiste au dégonflement de la bulle immobilière qui est lié au ralentissement de la consommation des ménages.

Comme l'Allemagne, la Hollande est une petite économie ouverte adepte de la "flexisécurité" qui vit plus de ses excédents commerciaux que de sa consommation intérieure. Et quand l'économie modiale s'enrhume, les petites économies ouvertes tombent malade.

 

Il n'est pas du tout exclu de voir l'Allemagne rejoindre les pays européens en difficulté sur cette même base. Ce qui serait une bonne nouvelle car nous pourrons enfin monétiser nos dettes, l'Allemagne n'ayant plus alors le choix. Mme Merkel commence d'ailleurs à envisager des plans de relance européens, ce qui est nouveau.

Par giovani rana - Publié dans : économie
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Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 16:54

Les effets des injections monétaires de la BCE se sont fait sentir et les cours boursiers sont remontés. La fin de l'euphorie correspond à la montée des taux obligataires européens et les bourses ont corrigé avec la même hystérie qu'elles ont salué l'intervention de la BCE.

Les allemands voient cette montée avec inquiétude et certains ressortent le vieux concept d'Europe latine, que d'autres encore nomment "siesta economics". Il s'agit des pays importateurs plus faibles économiquement dépendants des interventions de la BCE pour refinancer leurs dettes.

Ceci est le discours officiel de la Bundesbank et des banques commerciales allemandes, soucieuses de ne pas voir les injections d'argent se péreniser avec des tensions inflationnistes à la clé.

Voici donc le monstre avaleur d'euros.

546875349.jpg En étant un peu moins orthodoxe d'un point de vue budgétaire on ne peut que saluer ces interventions de la BCE et regretter qu'elle ne puisse pas directement prêter aux Etats en diffulté au lieu de passer par le bon vouloir des banques commerciales qui - on ne le repetera jamais assez - portent une large part de responsabilité dans nos déboires actuels.

 

Cette crise est appellée à durer et les statuts de la BCE vont devoir changer afin de ressembler à celui de la FED.

Par giovani rana - Publié dans : économie
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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 13:29

Et un autre rallye qui s'est arrêté plus tôt que prévu.

On nous avait pourtant prévenu : la crise financière est derrière nous !

Et puis non finalement, après la Grèce c'est l'Espagne qui voit ses taux obligataires augmenter et son économie se contracter à nouveau. La raison de cette entrée en récession : la contraction du crédit aux entreprises et le dégonflement de la bulle immobilière.

Mais les marchés jouent à se faire peur : les marchés OAT 10 ans espagnols sont à 6%, un niveau auquel peut encore faire face (les problèmes commencent à partir de 8% pour l'Espagne, ce qui laisse encore de la marge).

 

Nous n'avons pas fini les coups de yoyo...

Par giovani rana - Publié dans : économie
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 17:53

Comme c'est prévisible depuis longtemps, la déflation à l'oeuvre en Grèce continue à faire décroître l'économie. Le PIB grec s'est réduit de 6,7% en 2011 après une décrue de 4,5% en 2010 précédée de quatre années de croissance négative. Il en résulte mécaniquement un accroissement de la dette publique lié à l'effondrement des rentrées fiscales, corrélées à la croissance économique. Les plans d'austérité se succèdent et se ressemblent : après s'être attaqués aux retraites et aux salaires de la fonction publique, ce sont les salaires du privé qui sont dans le collimateur. Jusqu'en 2015, 150.000 postes de fonctionnaires seront détruits et les salaires minimas diminués de 22%, de 35% pour les moins de 25 ans dans le secteur privé.

 

Comme souvent l'argument annoncé porte un prénom féminin : TINA, un peu comme un cyclone. TINA est l'acronyme anglais de "il n'y a pas le choix" ( Crise grecque, pourquoi les plans d'austérité sont inutiles).

Il s'agit cette fois-ci de la tentatitive de retrouver de la compétitivité en jouant sur le coût du facteur travail, une dévaluation sans sortir de l'euro en quelque sorte. Le problème est simple : chaque tour de vis supplémentaire donne lieu à une nouvelle réduction du PIB qui donne - mécaniquement - lieu à un nouveau tour de vis. La situation grecque est aujourd'hui fortement déflationniste avec le cortège de dépréciations immobilières et d'augmentation du chômage qui s'en suit. Le Bank run grec a eu lieu, les grecs sont retiré leurs avoirs des banques et commencent à stocker de la nourriture.

 

Comment sortir d'une telle spirale déflationniste? La solution ne peut ni être keynésienne ni libérale. Keynésienne, la Grèce est incapable de se refinancer et on ne peut que noter la faible efficacité des sommes investies par les politiques structurelles européennes depuis des décennies. Liberale? La déconstruction politique de tous les avantages sociaux a eu lieu et les effets sur la croissance économique sont connus. Le côté punitif, la Grèce ayant intégré la zone euro sur la base de statistiques faussées et fonctionnant largement sur son économie grise montre lui aussi des limites. Cette solution est aussi mauvaise que le german bashing qui se déroule actuellement en Grèce et qui tendrait à rendre responsable les allemands de l'incurie et de la corruption de l'administration grecque.

 

1749575 berliner

 

Que faut-il faire? Regarder la Grèce s'effondrer en limitant les dégâts collatéraux? C'est en cours, c'est la solution adoptée par les dirigeants européens avec le refus des allemands d'autoriser la BCE à prêter directement à l'Etat grec via la création d'eurobonds. La seule chance qui reste aujourd'hui à la Grèce serait que l'Allemagne connaisse des difficultés assez importantes pour elle aussi avoir besoin des financements de la BCE. Ce n'est pas pour tout de suite... même si l'Allemagne est loin d'être à l'abri d'une contraction de l'activité économique mondiale puisqu'elle a toutes les caractéristiques d'une petite économie ouverte, dépendante de ses exportations plus que de sa consommation intérieure ( L'Allemagne, une "petite économie ouverte"? )

 

La solution bricolée en attendant est cynique : la BCE prête de façon illimitée aux banques commerciales à très faible taux. Ces dernières prêtent aux Etats européens à des taux plus élevés avec l'argent de la BCE et empochent au passage une prime de risque.

Une idée pour réduire un peu les dépenses publiques : diminuer le budget de la défense grecque, un des tout premiers d'europe au grand bonheur des exportateurs d'armement que sont la France et l'Allemagne. Ainsi en 2010 l'Allemagne a vendu pour 2 milliards d'euros de sous-marins, contrats qu'il n'est venu à l'idée de personne de critiquer en Allemagne, les affaires étant les affaires. (link)

Par giovani rana - Publié dans : économie
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